Muziq, le site qui aime les mêmes musiques que vous
Muziq Book

L’école de Canterbury, retournons-y !

Les éditions Le Mot et le Reste viennent de publier le nouveau livre d’Aymeric Leroy, consacré cette fois à L’école de Canterbury, genre musical so british qui concentra naguère fantaisie et poésie pop, gourmandise rock virtuose et progressiste et, last but not least, rêves et fantasmes jazz.

Il est des livres consacrés à la musique dont on sait, passées les premières pages, qu’ils resteront toujours dans un coin de votre tête et à portée de main. L’école de Canterbury fait partie de cette catégorie, dans laquelle vient aussi d’entrer Les fous du son de Laurent de Wilde, et où repose tranquillement, prêts à être dévorés encore et encore, The rest is noise d’Alex Ross, Sweet Soul Music de Peter Guralnick ou encore Ocean Of Sound de David Toop (votre bon vieux Doc met les biographies et plus encore les autobiographies à part).

CANTERBURY CouvertureAinsi, dès que les noms de musiciens comme Robert Wyatt, Dave Stewart, Richard Sinclair ou Kevin Ayers, ou ceux de groupes comme Soft Machine, Hatfield And The North, National Health ou Gong traverseront notre esprit, nous consulterons l’ouvrage d’Aymeric Leroy. Pourquoi ? Parce que tout y est ! Tout, de la douce et décapante saga de cette étrange famille décomposée/recomposée associée à la capitale du Kent est raconté, analysé, décortiqué, mesuré, vanté, tempéré avec une hauteur de vue, un savoir – une science même – si rares de ce côté-ci de La Manche.
Aymeric Leroy a le sens du storytelling, comme on dit de l’autre côté du Channel Il le distille au gré des 736 pages (!) avec ce qu’il faut d’analyse musicograhique (tellement plus digeste que les divagations pseudo-musicologiques qui plombent tant d’autres livres…).

Car c’est bien dans l’histoire de cette école aux portes toujours grandes ouvertes et traversée par de salutaires courants d’ère (l’arc sonore qui englobe la décennie 1965-1975 est un âge d’or transgenre) que l’on replonge avec délices, croisant ses bardes et ses troubadours électriques hors-normes qui nous ont offert tant de disques cultes, gorgées de spleen et d’humour mêlés, de tendresse et de piquant, de sagesse et de folie.
En retournant à L’école de Canterbury, on (re)vit avec ces merveilleux héros discrets d’une musique qui, globalement, affiche et assume aujourd’hui de bien belles rides (tandis que tant d’autres, pourtant si excessivement glorifiées en leur temps, ont disparu sans bruit des radars de la mémoire). On les voit, on les entend vieillir, se chercher, se perdre, se retrouver. Faire de la musique quoi.
Attention : livre essentiel.
Tiens, je vais réécouter le premier Harfield And The North moi…

Livre L’école de Canterbury, par Aymeric Leroy (éd. Le mot et le reste, 736 pages + index, généalogie, fiches biographiques, 33 €)