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Prince et Stevie Wonder font danser Washington

Nouvel arrêt dans son Hit ‘N’ Run Tour, Prince a donné dimanche à Washington deux concerts d’anthologie avec un invité très spécial…

PRINCE 2015 Washington 1Curieuse affaire que cette tournée Hit ‘N’ Run que Prince mène actuellement aux Etats-Unis. Des mois que ça dure, peu de concerts, une prestation à Baltimore au lendemain des émeutes, des performances dans des grandes salles, d’autres plus intimes. Comme c’est devenu la routine, Prince annonce ses concerts quelques jours avant l’événement. Les places sont mises en vente en ligne. C’est la bagarre pour obtenir des tickets, souvent hors de prix, et en quelques minutes tout est complet.
Jusqu’à présent, la plupart des fans new-yorkais s’étaient tenus tranquilles. Quelques-uns sont allés à Baltimore mais la majorité a décidé d’attendre que Prince se rapproche. Une tournée sans un passage par la Grosse Pomme, ça n’existe pas. Il suffit juste de prendre son mal en patience. Puis, vint l’annonce d’un concert, puis de deux, à Washington D.C., au Warner Theater, le 14 juin. La tentation devenait trop grande. La salle contient 1800 places, Prince n’y a pas mis les pieds depuis 2002 et à cette occasion, il avait accordé au public une jolie surprise, accueillant sur scène Carlos Santana. Difficile de ne pas franchir le pas. Bien nous en a pris…

Première impression en arrivant dans la salle : le théâtre est magnifique. Des lustres en cristal et des dorures art-déco. La scène est cachée par un rideau violet. La visibilité est parfaite quelle que soit la place attribuée. Le public ressemble à un public princier habituel aux Etats-Unis, certainement l’audience la plus mixte et interraciale que l’on puisse rencontrer dans ce pays. Il règne une certaine excitation. On sait que Prince a donné un concert privé à la Maison Blanche la veille. Et Stevie Wonder était de la partie.

20h20, les lumières s’éteignent et le rideau tombe. Prince est au clavier et sa nouvelle protégée, Judith Hill, entonne As Trains Go By, morceau de son album récemment paru. Sur scène, les “filles”, Donna Grantis à la guitare, Hannah Welton-Ford à la batterie et Ida Nielsen à la basse sont entourées de choristes et de cuivres. Un pied de micro attend Liv Warfield sur l’avant-scène et Josh Welton occupe le deuxième clavier. L’entrée en matière est funky. Judith Hill dégage une certaine prestance qui la rend plus attachante que les égéries avec lesquelles Prince s’acoquine depuis quelques années.

Le musicien regagne le centre de la scène et salut le public d’un enthousiaste « D.C ! ». Il prend sa guitare, joue l’introduction de Let’s Go Crazy. C’est le début d’une avalanche de tubes, sans grande surprise, mais toujours diablement efficace : Take Me With U, Raspberry Beret, un U Got the Look jouissif. Le public est debout, danse, hurle. Prince fait monter des spectateurs sur scène. Shake, seule entrave à la set list habituelle. Cool achèvera la première partie. « Back to the 80’s », s’exclame Prince. La nostalgie est bien là.

Les lumières s’éteignent. Prince est à nouveau au clavier. Commence le Sampler Set, pendant lequel il retrace sa carrière en jouant certains de ses morceaux les plus connus. Nasty Girl, The Most Beautiful Girl in the World, Darling Nikki sont cités. Sign Of The Times, When Doves Cry, un excellent Hot Thing avec solo de clavier, Pop Life. How Come U Don’t Call Me Anymore suivra, au piano. De quoi se rappeler qu’à 57 ans Prince est toujours l’incroyable chanteur qu’il était quand il en avait 20. Le public est réceptif à ses montées dans les aigus. L’artiste sourit, amusé. Diamonds and Pearls, The Beautiful Ones, jusqu’à ce que celui-ci s’exclame : « Vous souvenez-vous de la Controverse ? » Prince reprend sa guitare, Controversy, 1999, un Little Red Corvette un peu expéditif, et Nothing Compares 2 U particulièrement émouvant qui laisse à penser que si l’artiste s’était accordé un peu plus de temps, il aurait pu proposer de belles versions des ballades qu’il joue depuis le début de la tournée. On se prend à regretter Question Of U ou The Breakdown. Derniers morceaux du concert. Judith Hill rejoint la scène pour Cry Cry Cry et après de longues minutes d’applaudissements, en rappel, un Kiss explosif et Purple Rain. Prince a fini son tour de chauffe. Place au deuxième concert.

PRINCE 2015 Washington SW23h30, deuxième public, deuxième entrée en matière. Le riff de Guitar se fait entendre et quand le rideau tombe, Prince est cette fois-ci au centre de la scène, guitare au poing. Plectrum Electrum, Let’s Go Crazy donneront lieu à quelques solos inspirés. Les morceaux tournent plus que lors du premier concert, les improvisations sont plus libres. L’artiste entame sa séquence de hits, Take Me With U, Raspberry Beret, U Got The Look, Shake et Cool. Deux surprises : Prince s’empare de la basse d’Ida Nielsen et enflamme le Warner Theater. Et surtout… un invité très spécial vient s’installer sur scène, sur une chaise, à quelques centimètres derrière le clavier… Steeeevie !
C’est le moment du Sampler Set, When Doves Cry, Hot Thing, une version de Housequake à tomber par terre, toute en cuivres, et un très beau Forever In My Life pendant lequel Prince quitte son clavier, demande au public d’entonner le « All Right » des concerts de 1987, avant de confisquer à nouveau sa basse à Ida Nielsen pour un court mais superbe solo. Controversy, 1999, Little Red Corvette, plus posé, Nothing Compares 2 U, Kiss. Prince voltiget, danse, s’amuse. L’ambiance est folle. Les lumières s’éteignent.
Tonnerre d’applaudissement et longue attente. « Ca ne vous dérange pas si on fait venir des amis ? » demande Prince. Judith Hill se saisit du micro. Kirk Johnson remplace Hannah Welton à la batterie. As Trains Go By puis Mountains et The Dance Electric, irrésistible. Et tout d’un coup, le moment que tout le monde attendait… Prince se dirige vers ses claviers, joue les premières notes de Superstition, avant de se retourner vers Stevie Wonder toujours assis sur scène. Il l’aide à s’installer sur son tabouret et lui laisse les commandes.

Steeevie !!!! Le public hurle. Tout le monde est debout. « Oh mon dieu ! » sanglote mon voisin, les larmes aux yeux. Wonder prend son temps et joue face à Prince l’introduction de Superstition. Suivront I Wish, une reprise de Thank You de Sly Stone, une version atomique de Signed, Sealed, Delivered, I’m Yours, puis Living For The City. Prince est surexcité, chante, joue de la guitare, chauffe la salle en faisant scander au public le nom de son ami. Ce que nous vivons est fou. Tout y est : la jubilation des deux artistes, leur plaisir communicatif de jouer ensemble, l’heure avancée, la salle magnifique, le public aux anges. Les lumières s’éteignent une dernière fois. Ultime Rappel, Purple Rain.